Fabrice 47 ans retraité militaire : « je ne gagne que 1750 euros par mois »

Fabrice

retraite militaire

Le montant moyen de la pension de retraite d’un militaire en France s’élève à environ 1 400 euros par mois. Ce chiffre, bien que stable par rapport aux années précédentes, suscite de nombreuses interrogations sur les conditions de vie des anciens soldats et l’équité du système de retraite.

Le parcours professionnel unique des militaires, marqué par des missions à risque et une disponibilité constante, soulève des questions sur la reconnaissance de leur engagement une fois la carrière active terminée. Les réformes récentes du système de retraite alimentent le débat sur les ajustements nécessaires pour garantir une retraite digne à ceux qui ont servi sous les drapeaux.

Dans cet article, on vous explique les enjeux et les réalités du calcul des pensions militaires, en mettant en lumière les défis que rencontrent ces anciens combattants pour maintenir leur niveau de vie après des années de service.

« Servir et puis compter » – Fabrice, ancien adjudant-chef, raconte sa retraite militaire à 47 ans

interview

Il nous accueille dans son pavillon de banlieue, près de Rennes, avec un café noir et un sourire franc. Fabrice, 47 ans, est un ancien adjudant-chef de l’armée de terre. Retraité depuis un an, il vit avec ses trois enfants, dont la benjamine vient tout juste de souffler ses 16 bougies. Derrière ses yeux fatigués mais vifs, se cache un parcours dense : missions extérieures, bivouacs sous les balles, nuits sans sommeil à Kaboul, à Gao ou dans les Balkans. Aujourd’hui, sa pension mensuelle s’élève à 1 800 euros, grâce aux bonifications dont il a bénéficier. Un chiffre au-dessus de la moyenne nationale pour les militaires retraités, mais qui ne raconte pas tout. Il nous parle, sans filtre, de son engagement, de ses souvenirs les plus fous, de l’après… et des calculs de retraite parfois déroutants.

Fabrice, vous êtes parti en retraite à 47 ans. C’est jeune ! Comment en êtes-vous arrivé là ?

Oui, je suis parti tôt, mais j’avais cumulé pas mal de bonifications grâce aux missions en opérations extérieures. J’ai commencé à 18 ans, j’ai fait 28 ans de service, donc j’avais largement les annuités. Et puis entre les OPEX au Mali, en Centrafrique, au Kosovo, les permissions repoussées, les nuits à surveiller des checkpoints ou des bases avancées… disons que mon corps m’a dit stop avant l’administration. Et l’armée, elle, vous dit rarement non quand vous avez rempli votre contrat. C’est une porte de sortie rapide, mais pas toujours douce.

Vous touchez aujourd’hui 1 800 euros de pension. C’est plus que la moyenne. Vous vous en sortez ?

Je m’en sors… mais je calcule. Je vous cache pas que sans la majoration de 10 % pour les trois enfants, je serais juste à 1 620 €. Et encore, j’ai eu de la chance : j’ai pu faire beaucoup de missions qui m’ont permis de gonfler mes annuités. Mais vous savez, 1 800 euros aujourd’hui, c’est bien, mais avec trois ados à la maison, ça ne part pas en croisière. J’ai une vieille Clio, je fais mes réparations moi-même. Et je me tâte parfois à reprendre un petit job, genre vigile ou chauffeur. Comme beaucoup d’anciens. La retraite, c’est pas la fin des problèmes.

Vous parlez souvent de vos missions. Une en particulier vous a marqué ?

Ouais, une en Afghanistan. En 2009. On était en pleine vallée de Kapisa, et on devait sécuriser un village pour le passage d’un convoi humanitaire. Ça devait être une opération “tranquille”. À 2 heures du matin, on s’est fait canarder. Quatre heures d’échange de feu, dans un froid à faire geler les os. J’ai pris un éclat dans la jambe gauche. Pas grave, mais symbolique. C’est ce jour-là que j’ai compris qu’on méritait plus que des médailles. On méritait une retraite digne. Et pas des calculs compliqués avec des taux, des bonifications, des coefficients que même l’armée de l’air ne comprend pas.

Vous êtes père de trois enfants. Est-ce que ça a compté dans le calcul de votre retraite ?

Ah, ça oui. C’est là que j’ai découvert que l’État avait prévu une majoration de 10 % pour trois enfants ou plus. La dernière, Camille, vient d’avoir 16 ans. Ça m’a permis d’atteindre les 1 800 €. C’est pas énorme, mais c’est ce qui me permet de garder la tête hors de l’eau. Et puis, ça fait du bien de voir que l’administration pense un peu à nous, les pères – ou mères – de famille nombreuse. Mais bon, c’est pas avec ça qu’on paie la prépa de l’aîné ou les études de l’autre en BTS.

Est-ce que vous avez été surpris par les calculs de pension ?

Surpris ? Non. Déconcerté ? Totalement. Le Service des Retraites de l’État, c’est pas ce qu’il y a de plus lisible. Entre les pourcentages, les taux de liquidation, les bonifications liées aux missions, aux grades, aux enfants, et les réformes qui changent tout tous les deux ans… Même un colonel en mathématiques y perd son latin. Moi, j’ai dû me faire aider par une association d’anciens. Sinon, j’aurais signé des papiers sans rien comprendre. C’est un comble pour une armée qui mise tout sur la rigueur !

Vous regrettez d’être parti ?

Non. Jamais. L’armée, c’est une vie. Ça forge. Mais elle ne prépare pas à l’après. On vous forme à tenir une position, à lire une carte, à commander une section. Pas à remplir une déclaration fiscale ou comprendre votre retraite complémentaire. Quand je me suis retrouvé à devoir justifier une prime de sujétion pour une mission au Tchad, j’ai cru que j’étais dans une série comique. Alors non, je ne regrette pas… mais j’aurais aimé qu’on nous tienne un peu plus la main en sortant. On mérite ça. On l’a gagné sur le terrain, sous les balles.

Un mot pour les jeunes qui envisagent une carrière militaire aujourd’hui ?

Foncez. Mais ne soyez pas naïfs. L’armée vous donnera une fraternité, un sens, des souvenirs fous – j’ai sauté en parachute au-dessus de Djibouti, mangé des vers en forêt guyanaise, et même fait du yoga avec un caporal à 5 heures du mat’ en opération (véridique !). Mais elle ne vous doit pas tout. Préparez-vous à l’après. Épargnez. Formez-vous. Et surtout, soyez fiers. Parce que ce que vous ferez, peu de gens auraient le courage de le faire. Et ça, aucune pension ne peut le payer.

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Les conditions pour accéder à la pension de retraite militaire

Les militaires doivent remplir certaines conditions pour bénéficier d’une pension de retraite.

Pour les non-officiers, une durée minimale de service de 17 ans est requise, tandis que les officiers doivent servir pendant 27 ans.

Depuis 2014, l’accès à la pension est possible après seulement 2 ans de service, bien que ce chiffre ait été de 15 ans avant cette date. L’âge légal de départ à la retraite est fixé à 52 ans, mais il peut être modifié en fonction du grade et du type de service.

Le calcul de la pension repose sur le dernier salaire perçu et le nombre d’années de service, avec des bonifications possibles pour ceux ayant participé à des opérations extérieures ou en combat.

La pension standard offre un taux de remplacement de 75% du solde de base pour une carrière complète, ajusté selon les missions et conditions de service.

Les trimestres de cotisation varient en fonction de la durée de service : 20 trimestres pour 5 ans, 40 trimestres pour 10 ans, et une pension calculée par le Service des Retraites de l’État pour 15 ans et plus.

Le montant de la pension est également influencé par la durée d’engagement, allant de 20 à 25% du salaire des derniers mois pour 5 ans de service, jusqu’à environ 75% du solde de base pour 20 ans de service, avec des bonifications possibles.

Les montants de pension en fonction de la durée d’engagement

Les montants de pension varient en fonction de la durée de service, comme illustré dans le tableau ci-dessous. Les bonifications pour les services en opérations extérieures ou en combat peuvent augmenter ces montants. Les options de paiement continu et de somme forfaitaire sont disponibles dans certains plans, offrant une flexibilité supplémentaire aux militaires.

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Durée d’engagement
Montant de la pension
💵 5 ans
20 à 25% du salaire des derniers mois
💵 10 ans
40 à 50% du solde de base
💵 15 ans
60 à 70% du salaire de base (avec bonifications)
💵 20 ans
Environ 75% du solde de base

 

La pension moyenne d’un militaire en retraite en France s’élève à environ 1 391 € par mois. Ce montant reflète les années de service et les conditions spécifiques liées à la carrière militaire. Les pensions sont gérées par le Service des Retraites de l’État (SRE), qui s’assure que les militaires retraités reçoivent leurs allocations conformément aux réglementations en vigueur.

Le taux de liquidation des pensions militaires peut atteindre 75 % ou plus grâce à des bonifications accordées pour certaines situations, comme les services en opération ou les années de service supplémentaires. Ces bonifications permettent d’améliorer la pension de base, reconnaissant ainsi les particularités et les exigences du métier militaire.

Facteurs influençant le montant de la pension militaire

Le montant de la pension d’un militaire en retraite ne dépend pas uniquement de la durée de service ou du grade atteint. D’autres éléments entrent en jeu et peuvent considérablement influencer le montant final perçu. Parmi ces facteurs, on trouve les missions effectuées à l’étranger, qui peuvent donner lieu à des bonifications supplémentaires. Les soldats ayant participé à des opérations extérieures bénéficient souvent de majorations, reconnaissant ainsi la dangerosité et l’importance de leur engagement.

Un autre élément fondamental est le type de service accompli. Les militaires ayant servi dans des unités spécialisées ou ayant occupé des postes à haute responsabilité peuvent voir leur pension augmentée. Ces postes, souvent exigeants et stressants, sont pris en compte lors du calcul de la pension pour récompenser la complexité et l’importance des tâches accomplies. Des primes spécifiques peuvent être ajoutées pour ceux ayant servi dans des conditions particulièrement difficiles ou dangereuses.

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Les réformes législatives peuvent également affecter le montant des pensions militaires. Les lois sur les retraites évoluent régulièrement, et ces changements peuvent avoir un impact direct sur le calcul des pensions. Par exemple, des ajustements peuvent être faits pour tenir compte de l’inflation, ou pour aligner les pensions militaires sur celles des autres fonctionnaires. Il est donc essentiel pour les militaires de se tenir informés des évolutions législatives pour mieux anticiper leur future pension.

Combien gagne un militaire américain en retraite ?

Les soldats ayant complété 20 ans de service actif sont éligibles pour le Retired Pay. Plusieurs plans de retraite sont disponibles selon la date d’entrée en service.

Le Final Pay Plan s’applique à ceux entrés avant le 8 septembre 1980, offrant 50% du salaire de base après 20 ans, avec une augmentation de 2,5% pour chaque année supplémentaire.

Le High-36 Plan concerne ceux ayant intégré entre le 8 septembre 1980 et le 31 juillet 1986, calculant la pension sur la moyenne des 36 mois les plus élevés de salaire de base.

Pour les entrées après le 1er août 1986, le Career Status Bonus (CSB)/REDUX propose un choix entre le High-36 plan et le REDUX, ce dernier offrant une prime de 30 000 $ après 15 ans et un calcul de pension basé sur 40% de la moyenne des 36 mois les plus élevés après 20 ans, avec une augmentation de 3,5% par année supplémentaire. Le Blended Retirement System (BRS), pour ceux entrés après le 1er janvier 2018, combine un bénéfice défini de 40% du salaire de base des 36 mois les plus élevés après 20 ans, avec des contributions définies jusqu’à 5% au Thrift Savings Plan.

Combien gagne un militaire ? Parlons peu, parlons chiffres ! #salaire #militaire

 

Jean à Angoulême : je cumule mes années de militaire et celles passées dans l’éducation nationale

En tant que retraité, j’ai eu l’opportunité de cumuler mes années de service militaire et celles passées dans l’éducation nationale. J’ai effectué 24,5 années de services militaires, ce qui m’a permis d’acquérir une solide expérience. Par la suite, j’ai intégré l’éducation nationale où j’ai travaillé pendant 43 ans. Cette transition m’a permis de bénéficier d’une retraite minimale dès l’âge de 58 ans, grâce à mes années de service public.

En ce qui concerne le cumul de mes pensions, j’ai été sous-officier pendant 31 ans. Les règles actuelles permettent de cumuler ma pension militaire avec ma rémunération future, ce qui est un avantage considérable. J’ai commencé à percevoir ma pension militaire à partir du 1er avril 2010, après avoir totalisé 36 ans de service. Cela m’a permis de bénéficier d’un revenu stable tout en prenant ma retraite.

Pour le calcul de ma retraite, j’ai cumulé 80 trimestres de retraite militaire et 76 trimestres cotisés pour la retraite civile, atteignant un total de 156 trimestres travaillés. Cette combinaison m’a permis de optimiser mes droits à la retraite. J’ai pu récupérer 10 ans d’ancienneté sur mes 15 ans d’armée, ce qui m’a permis de commencer au 6ème échelon dans l’éducation nationale. Ces années militaires ont été prises en compte comme des années travaillées, bien que non cotisées, ce qui a été déterminant pour ma carrière.

Fabrice

Fabrice DURAND

Entrepreneur et passionné par l'orientation professionnelle, j'ai créé formation-publique pour vous accompagner dans le choix de vos formations. Je suis également responsable du groupe Facebook Orientation scolaire.

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