Françoise, assistante sociale retraitée « voilà ce que je touche après 50 années dans la fonction publique »

Fabrice

assistante sociale retraite

Le départ à la retraite d’une assistante sociale employée dans la fonction publique s’accompagne d’un calcul basé sur des critères bien définis. Ce montant dépend principalement du dernier traitement indiciaire brut, du nombre de trimestres validés et de la durée totale de service.

Découvrons les modalités précises qui encadrent ce dispositif et le témoignage de Françoise jeune retraitée.

Combien gagne une assistante sociale à la retraite ?

Le calcul de la pension de base repose sur une formule commune à l’ensemble des fonctionnaires titulaires :

Pension brute = Traitement indiciaire brut × (Trimestres validés / Trimestres requis) × 75%

Paramètre
Détail
Traitement indiciaire brut
Salaire hors primes perçu en fin de carrière
Trimestres validés
Périodes cotisées au régime de la fonction publique
Trimestres requis
Entre 168 et 172 trimestres selon l’année de naissance
Taux plein
75 % pour une carrière complète (environ 42 à 43 ans)

Cas d’une carrière incomplète

  • Une carrière écourtée entraîne une baisse proportionnelle du montant de la pension.
  • Une décote est appliquée par trimestre manquant jusqu’à atteindre le taux plein.

Quel est la retraite moyenne observée ?

Selon le grade (catégorie A ou B), une assistante sociale en fin de carrière peut percevoir :

  • Entre 1 400 € et 2 000 € brut par mois pour une carrière complète
  • Montant réduit mais encadré par le minimum garanti en cas de carrière incomplète
  La retraite de la fonction publique (IRCANTEC)

Quel est le minimum garanti ?

Pour les fonctionnaires relevant de la CNRACL, un montant minimum de pension est garanti :

Années de service
Montant minimum garanti (2025)
Carrière complète (39 ans)
1 354,16 € brut par mois
Carrière partielle (ex. : 20 ans)
Montant proratisé au prorata du service

Revalorisation annuelle et pension complémentaire

  • Les pensions sont revalorisées chaque année en fonction de l’inflation
  • En 2025, la revalorisation est de 2,2 %
  • Une retraite additionnelle (RAFP) peut s’ajouter mais reste souvent modeste

Estimation globale

Situation professionnelle
Montant mensuel estimé
Carrière complète (catégorie B)
Environ 1 400 € à 1 600 € brut
Carrière complète (catégorie A)
Environ 1 600 € à 2 000 € brut
Carrière incomplète
Inférieur mais supérieur au minimum garanti

Françoise, 70 ans : « Voilà ce que je touche après 50 années dans la fonction publique comme assistante sociale »

C’est dans un petit appartement lumineux au cœur de Clermont-Ferrand que Françoise nous accueille. Thé vert fumant, tricot en cours sur la table basse, et une pile de livres sur la psychologie de l’enfance dans un coin du salon. À 70 ans, cette ancienne assistante sociale a le regard doux mais assuré. Elle a consacré un demi-siècle à aider les autres, à écouter, à soutenir des familles en détresse, des jeunes en rupture, des personnes âgées isolées. Retraitée depuis quelques années, elle accepte de nous parler, en toute transparence, du sujet souvent tabou : l’argent de sa retraite.

Françoise, après 50 ans de service public, quel est le montant de votre retraite aujourd’hui ?

Je touche exactement 1 842 euros brut par mois, soit environ 1 590 euros nets. Ma pension de base s’élève à 1 735 euros brut, et j’ai une petite retraite complémentaire RAFP de 107 euros. J’ai eu une carrière presque continue, j’ai commencé à 20 ans, en 1975, dans la fonction publique hospitalière, puis je suis passée dans la territoriale en 1992. J’ai validé 174 trimestres, donc un peu plus que les 172 requis pour ma génération. J’ai eu de la chance : pas de gros trous dans mon parcours, quelques congés parentaux que j’ai pu faire valider, et un temps plein quasiment tout du long.

Ce montant vous semble-t-il juste par rapport à ce que vous avez donné pendant 50 ans ?

Je dirais… suffisant, mais pas à la hauteur de l’engagement. Être assistante sociale, c’est pas juste un métier. C’est un quotidien d’écoute, de détresse, de décisions parfois lourdes. J’ai accompagné des enfants placés, des femmes victimes de violences, des familles qui dormaient dans leur voiture. On n’éteint pas son portable à 17h quand une gamine de 14 ans menace de fuguer. Alors oui, j’ai une pension correcte, mais je n’ai jamais roulé sur l’or, même en fin de carrière. Mon dernier traitement indiciaire brut était de 2 450 euros. Quand j’ai vu que ma retraite plafonnait à 75 % de ça, j’ai trouvé ça un peu sec. Heureusement que j’ai peu de charges aujourd’hui.

Vous parlez d’une carrière « presque » continue. Vous avez eu des périodes à temps partiel ?

Oui, entre 1983 et 1987, quand mes enfants étaient petits. J’étais à 80 % pendant quatre ans. J’ai aussi pris deux congés formation, dont un pour une spécialisation en addictologie. Ces périodes ont été prises en compte, mais parfois avec des trimestres partiels. J’ai dû batailler pour faire reconnaître certains mois. L’administration ne fait pas toujours dans la finesse. Je me souviens d’un trimestre perdu pour… huit jours manquants. Heureusement, j’ai racheté une année d’études que j’avais faite avant de devenir titulaire. Ça m’a coûté cher, mais c’était stratégique.

Et la RAFP ? Ce complément, il compte vraiment à votre avis ?

Oui, mais il reste modeste. J’ai cumulé un peu plus de 6 000 points, ce qui me donne une centaine d’euros par mois. Ce n’est pas négligeable, mais ce n’est pas non plus une révolution. Et comme mes primes n’ont jamais été très élevées — on n’a pas beaucoup de marges dans le social —, je n’ai pas pu accumuler plus. C’est un système utile, mais qui favorise clairement les métiers plus « prémium », avec davantage d’indemnités. Nous, on fait tourner la machine humaine, mais on ne voit pas forcément les dividendes à la fin.

Et aujourd’hui, comment vivez-vous cette retraite ?

Avec beaucoup de sérénité. Je continue à faire du bénévolat dans une association d’accueil de jour. Pas à plein temps, mais assez pour garder le lien. J’ai aussi repris des cours de dessin, et je m’occupe beaucoup de mes petits-enfants. Financièrement, je vis bien. Pas de dépenses excessives, pas de dettes, et j’ai une petite épargne. J’aurais aimé pouvoir voyager un peu plus, mais entre les frais de santé et l’inflation, on reste prudente.

Un dernier mot pour les jeunes fonctionnaires, en particulier ceux du social ?

Oui : ne négligez pas votre relevé de carrière, même à 35 ans. La retraite, ça se construit au fil de la vie, pas seulement à la fin. Faites valoir chaque période, chaque congé, chaque formation. Et surtout, ne vous oubliez pas. Ce métier, il est exigeant émotionnellement. Prenez soin de vous, parce que personne ne viendra vous rattraper au vol. Et préparez-vous une retraite à votre image, digne, simple et libre.

Fabrice

Fabrice DURAND

Entrepreneur et passionné par l'orientation professionnelle, j'ai créé formation-publique pour vous accompagner dans le choix de vos formations. Je suis également responsable du groupe Facebook Orientation scolaire.

2 réflexions au sujet de “Françoise, assistante sociale retraitée « voilà ce que je touche après 50 années dans la fonction publique »”

  1. Le traitement des fonctionnaires étant composé en grande partie de primes, celles-ci ne sont pas suffisamment prises en compte pour permettre d’avoir une retraite correcte.

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  2. Et que pensez vous de ma retraite dans le privé à 892 euros alors que j’ ai travaillé à temps complet toute ma vie alors que ma sœur qui n’a jamais travaillé va recevoir l’apsa d’un montant de 1012 euros? Je suis contente pour elle mais dégoûtée par ce système injuste et qui ne permet pas de vivre decement. Je vis seule dans mon camping car depuis que je suis à la retraite , j’ ai un cancer métastase sur les os et je n’ai aucune aide et he remboursé le crédit de mon camping car pour 450 euros par mois.

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