Philippe, agent administratif retraité « voilà mon salaire après 52 ans dans la fonction publique »

Fabrice

agent administratif etat

Comment est calculée la retraite d’un agent administratif de la fonction publique ? Quels sont les facteurs qui influencent son montant ? Entre les spécificités des régimes de la fonction publique et les réformes récentes, il est facile de s’y perdre. Pourtant, comprendre ces mécanismes est fondamental pour anticiper et planifier sa retraite.

Nous avons interviewé Philippe 69 ans et il nous parle de sa retraite après 52 ans passées dans l’administration.

On vous dit tout sur les rouages de la retraite des agents administratifs, les enjeux actuels et les perspectives d’évolution.

Quelles sont les règles pour la retraite des agents publics ?

Les agents publics bénéficient de différentes options pour leur retraite, incluant le rachat des années d’études, les retraites anticipées pour carrière longue ou handicap, et la préretraite amiante. Une retraite progressive est également envisageable, permettant de réduire progressivement son activité avant de prendre sa retraite complète. Ils peuvent opter pour une retraite à taux plein, qui se compose d’une pension de retraite de base et d’une retraite complémentaire.

Les fonctionnaires peuvent bénéficier de la Retraite Additionnelle de la Fonction Publique (RAFP), tandis que les contractuels ont accès à l’Ircantec.

Ces systèmes permettent de compléter leur pension de base. Il est fondamental de comprendre la durée d’assurance nécessaire pour atteindre le taux plein, qui varie entre 167 et 172 trimestres selon l’année de naissance.

Les agents doivent également être conscients des possibilités de cumul emploi-retraite, qui peuvent offrir une source de revenus supplémentaire après le départ à la retraite.

Comment se calcule la pension de retraite des agents administratifs ?

La pension de retraite des agents administratifs de la Fonction publique hospitalière se calcule à partir d’une formule précise. Elle prend en compte le nombre de trimestres de services et bonifications par rapport au nombre nécessaire pour bénéficier du taux plein.

Le montant est ensuite multiplié par 75 % du traitement indiciaire des six derniers mois. Les périodes de services effectives, les interruptions d’activité comme la maternité ou le congé parental, et certaines bonifications sont intégrées dans le décompte des trimestres.

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Un tableau ci-dessous présente les trimestres requis pour partir à la retraite à taux plein :

Année de naissance
Trimestres requis
1955-1957
167
1958-1960
168
1961-1963
169
1964-1966
170
1967-1969
171
1970 et après
172

Quels problèmes pour les agents administratifs à l’approche de la retraite ?

De nombreux agents administratifs ne parviennent pas à valider le nombre de trimestres nécessaires pour une retraite à taux plein, conséquence des réformes successives. Cette situation entraîne une diminution du montant de leur pension de retraite, soulignant l’importance d’anticiper un complément de revenus pendant la vie active.

La Complémentaire Retraite des Hospitaliers (CRH), créée il y a 56 ans, reste un outil essentiel pour pallier ces insuffisances.

Les agents doivent être proactifs dans la gestion de leur avenir financier. Utiliser des services en ligne tels que « Mon compte retraite » ou l’Espace numérique sécurisé des agents publics de l’État (Ensap) permet de suivre et simuler sa future retraite.

Les questions fréquentes sur la retraite des agents publics, comme la différence entre emplois de catégories active et sédentaire, ou l’impact des primes, trouvent réponse auprès d’organismes tels que le Ministère chargé de la fonction publique ou la Caisse nationale de retraites des agents des collectivités locales (CNRACL).

Quelles sont les options de reconversion pour les agents administratifs proches de la retraite ?

À l’approche de la retraite, les agents administratifs peuvent envisager une reconversion professionnelle afin de prolonger leur activité tout en diversifiant leurs compétences. Cela peut inclure la formation continue ou le développement de nouvelles compétences dans des domaines tels que la gestion de projet, la comptabilité ou les ressources humaines. Ces options permettent non seulement de rester actif, mais aussi de contribuer à un revenu supplémentaire, ce qui est particulièrement pertinent pour ceux qui n’ont pas pu valider tous leurs trimestres.

En parallèle, certains agents choisissent de se tourner vers le mentorat ou le conseil, mettant à profit leur expérience accumulée au fil des années. Ce type d’activité offre une flexibilité appréciable et peut se faire à temps partiel, s’intégrant ainsi harmonieusement à une retraite progressive. Les compétences en gestion administrative, en communication et en organisation sont souvent très recherchées dans ce type de rôle, offrant aux agents une opportunité d’influencer positivement la prochaine génération de professionnels.

Il faut considérer les implications fiscales et sociales d’une reconversion pour les agents administratifs. Les revenus supplémentaires peuvent avoir un impact sur le montant des cotisations sociales et fiscales, ainsi que sur le calcul de la pension de retraite. Il est conseillé de consulter des experts en gestion de patrimoine ou des conseillers en retraite pour naviguer efficacement dans ces aspects complexes et optimiser les bénéfices d’une telle transition professionnelle.

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À quel âge les agents sédentaires peuvent-ils prendre leur retraite ?

Les agents sédentaires bénéficient d’une certaine flexibilité concernant leur départ à la retraite. Ils peuvent choisir de partir dès l’âge de 60 ans, ce qui leur permet de profiter d’une retraite anticipée. Ils ne peuvent pas prolonger leur activité au-delà de 65 ans, âge auquel la cessation d’activité devient obligatoire.

Pour préparer leur départ, ces agents doivent respecter une procédure administrative stricte. La demande de retraite doit impérativement être déposée au moins six mois avant la date prévue de départ. Cette demande se fait par voie hiérarchique, ce qui signifie qu’elle doit être validée par les supérieurs avant d’être traitée. Ce processus garantit que toutes les parties sont informées et que la transition se fait en douceur.

Respecter ces délais et procédures est capital pour éviter les complications administratives. En planifiant à l’avance, les agents peuvent s’assurer d’une transition sans heurts vers la retraite. Cela leur permet de se concentrer sur l’avenir avec sérénité et de profiter pleinement de cette nouvelle étape de leur vie.

La retraite dans la fonction publique : tout comprendre

 

Philippe, 69 ans : « 52 ans dans l’administration… et voilà ce que je touche aujourd’hui »

Philippe nous accueille dans son salon lumineux à Tours, un ancien agent administratif au regard malicieux, qui a le verbe aussi précis que les formulaires qu’il a remplis pendant plus de cinq décennies. À 69 ans, il vit une retraite active et sereine, après une carrière commencée à 16 ans dans la fonction publique territoriale. S’il a officiellement quitté l’administration à 62 ans, il a poursuivi une petite activité associative jusqu’à ses 66 ans. Aujourd’hui, il revient avec franchise sur les rouages de sa pension, les choix qu’il a dû faire… et le montant réel qu’il touche chaque mois.

Philippe, vous nous avez raconté un parcours impressionnant, mais la vraie question que tout le monde se pose : combien vous touchez de retraite aujourd’hui ?

(Rires) Ah ça, on me la pose souvent ! Et je n’ai aucun tabou. Aujourd’hui, je touche 1 720 euros nets par mois. Ma pension de base est d’environ 1 440 euros, à quoi s’ajoutent environ 40 euros de la RAFP, la retraite additionnelle des fonctionnaires. J’ai aussi une petite pension complémentaire Ircantec liée à mes années d’activité associative post-administration — ça doit représenter une quarantaine d’euros par mois, mais c’est toujours ça de pris. Ce montant, je l’ai parce que j’ai validé 208 trimestres. J’ai eu la chance d’avoir une carrière continue, avec peu d’interruptions, ce qui est de plus en plus rare.

Ce montant, vous le trouvez suffisant pour vivre confortablement ?

Je vis correctement, oui, mais je fais attention. On ne parle pas de luxe. Je n’ai pas de maison secondaire ni de voiture neuve. J’ai fini de payer mon crédit il y a quinze ans, donc je n’ai plus de grosses charges. Mais si je devais louer ou rembourser un emprunt, ce serait serré. Et puis, je ne me plains pas, mais je vois des collègues partis à 62 ans avec à peine 1 200 euros. C’est ça qui me dérange : les écarts énormes dans la fonction publique, selon qu’on a eu des primes, des interruptions, ou un poste avec responsabilités.

Qu’est-ce qui vous a permis de maximiser votre pension ? Vous avez fait des choix stratégiques ?

Oui, clairement. J’ai pris soin de refuser certaines ruptures de contrat qui auraient cassé ma continuité de carrière. J’ai aussi accepté des postes mieux payés mais plus stressants, notamment en tant que coordinateur RH. Et à 50 ans, j’ai fait un point avec un conseiller retraite. On a identifié qu’il me manquait 4 trimestres pour être vraiment tranquille : j’ai donc racheté une année d’études techniques que je n’avais pas fait valider à l’époque. Ça m’a coûté un peu plus de 5 000 euros, mais ça m’a rapporté 60 euros de plus par mois à vie. Faites le calcul, c’est vite rentabilisé.

Et la fameuse RAFP ? Beaucoup d’agents ne savent même pas combien ils auront…

Exact ! Moi je l’ai prise au sérieux dès sa création. Tous les mois, j’ai fait en sorte que mes primes soient déclarées correctement. Certains collègues la négligeaient en pensant que ce n’était que du bonus. Au final, cette retraite additionnelle me rapporte un peu plus de 40 euros par mois. Ce n’est pas énorme, mais c’est régulier. Et puis, ce n’est pas revalorisé comme la retraite de base, donc dans dix ans, ça pèsera un peu moins. Mais aujourd’hui, c’est toujours bon à prendre.

Vous avez un message à faire passer à ceux qui s’approchent de la retraite ?

Oui. D’abord : renseignez-vous, simulez votre retraite sur l’ENSAP, comprenez votre carrière et les règles du jeu. Ensuite : n’attendez pas le dernier moment pour faire vos démarches. Et enfin, si vous le pouvez, investissez dans des dispositifs complémentaires comme la RAFP, même si ça semble abstrait à 35 ans. Parce qu’à 62 ans, croyez-moi, chaque euro compte. Et surtout, ne partez pas sans avoir vérifié trois fois votre relevé de carrière. La retraite, c’est un droit… mais il faut aller le chercher.

Fabrice

Fabrice DURAND

Entrepreneur et passionné par l'orientation professionnelle, j'ai créé formation-publique pour vous accompagner dans le choix de vos formations. Je suis également responsable du groupe Facebook Orientation scolaire.

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