Fonction publique : la nouvelle règle qui s’applique lors des vagues de chaleur

Fabrice

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Les vagues de chaleur, de plus en plus fréquentes, ne sont pas sans conséquences sur le monde du travail. En France, le thermomètre a franchi la barre des 40°C à plusieurs reprises l’été dernier, mettant en lumière l’urgence de mesures adaptées pour protéger les travailleurs, notamment dans la fonction publique.

Après des mois de discussions et de débats, un décret vient enfin d’être publié pour encadrer les conditions de travail des agents publics face à ces épisodes caniculaires. Ce texte, attendu par beaucoup, vise à garantir leur sécurité tout en maintenant la continuité des services.

Analyse d’une réglementation qui pourrait bien redéfinir les normes de travail sous haute température.

Quelles obligations pour les employeurs publics face à la chaleur ?

Le Décret n° 2025-482 impose aux employeurs publics d’adapter l’organisation du travail face aux risques liés à la chaleur. Dès le 1er juillet 2025, ils doivent aménager les horaires, renforcer les pauses et moduler ou supprimer certaines tâches.

L’accès à l’eau potable est fondamental : chaque agent doit disposer de 3 litres d’eau fraîche par jour. Les postes de travail en extérieur nécessitent une protection accrue contre les conditions atmosphériques. Les agents reçoivent une formation sur les gestes à adopter en cas de forte chaleur et sur l’utilisation des équipements de protection individuelle (EPI). Le signalement des indices de malaise et les modalités de secours sont également essentiels.

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Les employeurs doivent évaluer les risques liés à la chaleur, intégrant ces éléments dans le Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels (DUERP) et le programme annuel de prévention des risques professionnels (PAPRIPACT). Les agents vulnérables, tels que les femmes enceintes ou les personnes avec des pathologies chroniques, bénéficient d’une protection renforcée. Les mesures sont déclenchées selon les niveaux d’alerte établis par Météo France : jaune, orange, rouge.

Comment le décret renforce-t-il la protection des agents publics ?

Le récent décret vient compléter le code du travail et s’applique à toutes les administrations publiques. Ce texte législatif, en reconnaissant la chaleur comme un risque professionnel à part entière, marque une étape importante dans la protection des travailleurs. Les administrations publiques doivent désormais intégrer ce risque dans leurs évaluations, renforçant ainsi la sécurité des agents.

En intégrant la chaleur parmi les risques professionnels, le décret fait partie intégrante du Plan national d’adaptation au changement climatique. Ce plan vise à préparer la société aux conséquences des changements climatiques, et ce décret en est un pilier essentiel. Il souligne la nécessité d’adapter les conditions de travail face aux épisodes climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents.

Les mesures proposées par ce décret visent à limiter les accidents du travail et protéger la santé des agents. En mettant l’accent sur la prévention, les administrations publiques sont encouragées à mettre en place des stratégies efficaces pour réduire les risques liés à la chaleur. Cela inclut des aménagements dans les lieux de travail et des pratiques adaptées pour garantir le bien-être des employés.

Comment réagir lors d’un épisode de chaleur intense ?

Lors d’un épisode de chaleur intense, des actions immédiates doivent être mises en place. Les horaires de travail doivent être aménagés, avec une prise de poste plus tôt et la suppression des tâches physiques aux heures les plus chaudes. Des pauses à l’ombre sont organisées, et la distribution d’eau potable fraîche est renforcée.

Les employeurs doivent fournir des brumisateurs ou ventilateurs pour améliorer le confort des agents.

La réévaluation quotidienne des risques est nécessaire pour adapter les mesures en fonction de l’évolution de la température.

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Les agents travaillant en extérieur bénéficient d’un aménagement spécifique de leurs postes de travail et d’un local de repos adapté. L’accès à l’eau potable est renforcé lors de chaque épisode de chaleur intense. Les horaires et les pauses sont ajustés pour limiter l’exposition à la chaleur.

Ces mesures visent à garantir la sécurité et le bien-être des travailleurs face aux conditions climatiques extrêmes.

Quels sont les publics concernés et les mesures générales ?

Le décret s’adresse à un large public : employeurs, travailleurs, maîtres d’ouvrage, coordonnateurs en matière de sécurité, ainsi que travailleurs indépendants sur chantiers du bâtiment, génie civil et travaux en hauteur.

Les obligations englobent l’évaluation des risques liés à l’exposition à la chaleur et la fourniture d’eau potable et fraîche. Les mesures de prévention couvrent divers aspects : procédés de travail limitant l’exposition à la chaleur, aménagement des lieux de travail, adaptation des horaires de travail et réduction du rayonnement solaire.

Les employeurs doivent choisir des équipements de travail appropriés et fournir des équipements de protection individuelle. Une information et une formation des travailleurs sont essentielles pour assurer leur sécurité. Les articles R. 4223-13 et R. 4225-2 du code du travail sont modifiés pour garantir une température adaptée dans les locaux de travail et l’obligation de fournir de l’eau potable et fraîche. Un délai d’un mois est accordé pour la mise en conformité, sauf pour certaines dispositions spécifiques.

Mesure
Exigence
Accès à l’eau potable
3 litres par jour
Aménagement des horaires
Prise de poste plus tôt
Protection des agents vulnérables
Mesures renforcées
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Quels impacts sur la santé des agents publics lors des vagues de chaleur ?

Les vagues de chaleur ont des répercussions significatives sur la santé des agents publics, notamment en ce qui concerne les risques de déshydratation, d’épuisement et de coup de chaleur. Ces conditions peuvent entraîner une baisse de la productivité et augmenter le risque d’accidents du travail. Il est capital que les employeurs mettent en place des mesures préventives pour éviter ces conséquences. La sensibilisation aux premiers signes de malaise thermique, tels que les vertiges, les maux de tête ou les nausées, est essentielle pour intervenir rapidement et efficacement.

Les agents ayant des problèmes de santé préexistants, comme les maladies cardiaques, sont particulièrement vulnérables. Les employeurs doivent donc accorder une attention particulière à ces individus, en adaptant leurs conditions de travail pour éviter toute aggravation de leur état. La mise en place de protocoles spécifiques pour ces agents est une mesure indispensable pour garantir leur sécurité et leur bien-être.

Comment les technologies peuvent-elles aider à gérer la chaleur au travail ?

Les avancées technologiques offrent des solutions innovantes pour gérer la chaleur au travail. Par exemple, l’utilisation de systèmes de ventilation intelligents et de capteurs thermiques permet de réguler la température ambiante de manière efficace. Ces dispositifs peuvent être programmés pour fonctionner automatiquement en fonction des variations de température, assurant ainsi un environnement de travail plus confortable et sécurisé pour les agents.

Les technologies portables, comme les vêtements rafraîchissants ou les bracelets connectés, peuvent surveiller en temps réel la température corporelle des agents. Ces outils fournissent des alertes immédiates en cas de surchauffe, permettant une intervention rapide pour prévenir les coups de chaleur. L’intégration de ces technologies dans le milieu de travail public pourrait représenter un investissement précieux pour la santé et la sécurité des employés.

Fabrice

Fabrice DURAND

Entrepreneur et passionné par l'orientation professionnelle, j'ai créé formation-publique pour vous accompagner dans le choix de vos formations. Je suis également responsable du groupe Facebook Orientation scolaire.

17 réflexions au sujet de “Fonction publique : la nouvelle règle qui s’applique lors des vagues de chaleur”

  1. Je suis agent technique. Je retourne travailler de 17h00 à 19h00. Là où il fait le plus chaud. J’ai 60 ans problème d’hypertension. Ma DRH ne veut pas que j’embauche à 5h00 du matin pour faire journée continue afin de finir à 12h00 ou 13h00 si je fais mes poses. Pourquoi ???

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    • Bonjour
      Probablement parce que le décret n’entre en vigueur qu’au 1er juillet, ce qui est stupide de sa part puisque les grosses chaleurs sont maintenant…
      Rapprochez vous de votre agent de prévention et de vos délégués syndicaux pour appuyer votre requête. Bon courage

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  2. Je constate que le gouvernement fait de la discrimination entre les personnelles (els) du privées et du public. A croire que les personnelles du public sont plus précieux que le privé. J’irai même plus loin, les gens du privé peuvent  » crevé par sous la chaleur ». Car le Medef ne fera pas une dépense de plus pour les gens du privés tout secteur. Je suis conducteur de car interurbain du privé et je constate que entre ce qui est proposé et les faits, c’est le jour et la nuit. Et ,je peux vous citer d’autres exemples dans lesquels j’ai également exercé.

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    • Bonjour ! Des contrôles initiés par les services de l’inspection du travail se déroulent depuis la mi-juin dans les entreprises (privées) et sur les chantiers du bâtiment. À l’issue de ces contrôles il est demandé aux employeurs de se mettrent en conformité, de revoir leur évaluation des risques et de mettre ne place un plan d’actions. A défaut une mise en demeure préalable à PV peut leur être adressée. Le présent décret et les mesures à prendre sont applicables à compter du 1er juillet. Aucune différenciation n’est faite entre les salariés du privé et du public 😉

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    • Oui, dans la fonction publique, les horaires des agents, y compris les femmes de ménage, doivent être aménagés en cas de forte chaleur. Depuis le décret du 27 mai 2025, les employeurs publics ont l’obligation de modifier l’organisation du travail dès vigilance jaune de Météo-France (chaleur) : horaires avancés, pauses plus longues, réduction des tâches physiques. Ils doivent aussi fournir 3 litres d’eau fraîche par jour, prévoir des espaces de repos tempérés, et adapter les locaux (ventilation, ombrage).

      Ces mesures doivent figurer dans le Document Unique d’Évaluation des Risques (DUERP), à mettre à jour avant le 1er juillet 2025. Les agents vulnérables (femmes enceintes, personnes âgées, pathologies) doivent bénéficier d’une attention particulière. En cas de manquement, la responsabilité de l’administration peut être engagée, et un droit d’alerte ou de retrait est possible.

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        • Il n’existe pas de température maximale légale en France, y compris dans la fonction publique, mais l’employeur a une obligation de sécurité (article L.4121-1 du Code du travail, applicable via le décret n°82-453 du 28 mai 1982).

          L’INRS recommande des mesures dès 30 °C en travail sédentaire et alerte au-delà de 33 °C. En cas de canicule (Plan national, circulaire DGS/DUS/2006/330), des aménagements (horaires, télétravail, pauses) doivent être envisagés.

          Les CHSCT (devenus F3SCT) peuvent aussi intervenir (article 40 du décret n°2020-1493).

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  3. Je suis enseignant et actuellement il fait 33°C dans ma salle (record mesuré à 37°C il y a quelques années). J’ai fait remonter le problème au CA lors de ce record de température.
    Il m’a été proposé un ventilateur mais dans une salle de 120m2, ça n’a aucun effet. Que faire ?

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    • Vous pouvez rappeler à votre employeur qu’il a l’obligation légale de protéger votre santé (Code du travail L4121-1). Au-delà de 30 °C pour un travail sédentaire, la circulaire DGT 2009/16 recommande des mesures concrètes (ventilation, pauses, adaptation du rythme).
      Si rien n’est mis en place, vous pouvez saisir le CHSCT/F3SCT, et en cas de danger grave et imminent, exercer votre droit de retrait (article L4131-1).

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      • Bonjour Frédéric, je suis Ap tres bien pour les obligations que fait ton pour les agents extérieur si on dépasse les 30°, plus aucun agent ne peut travailler.
        Horaires aménagés c est fait !
        L année dernière il y a eu des périodes à 32° à 9h du matin, obligations de rester jusqu’à 14h dans des locaux exigus et non ventilé ! Eau fraîche parfois pas suffisante, epi inadapté dotations d hiver porté en été, la liste encore longtemps sa fait 12 ans que j alerte rien ne bouge et ce decret n’apporte rien de concret !

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  4. Plonge de l’hôpital, 42 degrés et rien pour mesurer l’humidité mais qui doit approcher les 85-90%.. et ce depuis 2021 pour le service restauration. À part faire manger résidents et patients leurs 3 repas durant la nuit, difficile de trouver une solution

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  5. Bjr , je suis Ap et jardinier dans la fonction publique, la France est spécialiste du minimum, je connais le premier décret et au vu de celui-ci rien ne change, toujours pas epi adapté nous portons des dotations d’hiver obligatoire en été et la mesure fare n est pas mentionné

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  6. « Les températures » ne sont pas pris en compte pour être claire nous sommes encore à la maternelle avec des codes couleurs qui non aucun sens demandé à n importe qui d évaluer les codes couleurs c’est d un flou total, le plus important est la température ressentie ! 5°de+ au température quotidien= température réel ! Là sa serai clair.

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  7. Bonjour,
    comment sont protégés les maîtres nageurs (ses) pour les baignades en plein air ou même dans les bassins fermés avec ce nouveau décret sur les vagues de chaleur?

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  8. Bonjour, je suis professeur dans un collège publique où il fait souvent plus de 30° dans les salles en fin d’année. Ce décret nous concerne-t-il aussi ? Pourra-t-on obliger le collège à nous équiper de ventilateur dans les salles ?

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  9. Je suis éboueurs je fais des horaires de 14 heures a 21 heures ils veulent pas nous changer a part nous dire si vous avez un malaise arrêtez vous merci le syndicat

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